Dantala, jeune délinquant livré à lui-même, doit fuir son village du Nigeria après des émeutes. Il se réfugie à Sokoto, près de la mosquée. L’imam le prend sous son aile comme homme à tout faire.

Né un mardi, roman sans concession d'Elnathan John

Quelques mots inconnus peuvent dérouter à la lecture, on s’attache toutefois très vite à ce jeune héros, plutôt naïf, plongé dans un quotidien fait de violence, où sont exacerbées notamment les tensions entre musulmans chiites et sunnites.

Rien n’est épargné à Dantala : la mort de sa mère, la violence avec hache et tenailles, l’argent qui arrive en masse d’on ne sait où, la prison… Toutefois, il est curieux, il apprend l’anglais, à se servir d’un ordinateur ; son apprentissage passe aussi par la découverte des émois de l’adolescence et il noue une belle amitié avec Jibril.

Il met à distance les épreuves qu’il subit. « J’ai l’impression que c’est un film et que je me regarde » au moment de la perte de sa mère. Même si l’on note un certain fatalisme, « c’est la volonté d’Allah », quelques touches d’humour nous font respirer, comme avec les mots d’anglais qu’il s’approprie.

Un beau roman, qui ne laisse pas indifférent sur la situation de ces jeunes garçons dont s’est inspiré l’auteur- natif du Nord du Nigéria.

Isabelle MénardOPAC Détail de notice