Accueillir les personnes en situation de handicap à la bibliothèque

Le « monde du handicap » n’est ni uniforme ni distinct de la société dans laquelle nous vivons. Il recouvre une diversité de déficiences qui varient en nature et en intensité.  Les personnes en situation de handicap ont donc des attentes et des besoins spécifiques auxquels les bibliothèques peuvent répondre pour réduire les inégalités d’accès à l’information, au savoir et à la culture. 

L’accessibilité à un public spécifique ne peut donc pas être une réponse spécifique, mais le résultat de facteurs multiples proposant des pistes favorisant l’accueil de tous les publics dans une démarche globale d’accueil. Au-delà de la nécessaire conformité à loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées et à ses décrets d'application, la qualité d''accueil des personnes en situation de handicap relève aussi de la sensibilisation des agents. Il est aussi à noter que l'ensemble des aménagements réalisés profitera à tous les publics accueillis en leur offrant un meilleur confort.

Plus d'informations : Guide accessibilité DRAC

Cliquez sur les onglets si-dessous pour accéder aux informations par types de handicaps. 

Le « monde du handicap » n’est ni uniforme ni distinct de la société dans laquelle nous vivons. Il recouvre une diversité de déficiences qui varient en nature et en intensité.  Les personnes en situation de handicap ont donc des attentes et des besoins spécifiques auxquels les bibliothèques peuvent répondre pour réduire les inégalités d’accès à l’information, au savoir et à la culture. 

L’accessibilité à un public spécifique ne peut donc pas être une réponse spécifique, mais le résultat de facteurs multiples proposant des pistes favorisant l’accueil de tous les publics dans une démarche globale d’accueil. Au-delà de la nécessaire conformité à loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées et à ses décrets d'application, la qualité d''accueil des personnes en situation de handicap relève aussi de la sensibilisation des agents. Il est aussi à noter que l'ensemble des aménagements réalisés profitera à tous les publics accueillis en leur offrant un meilleur confort.

Plus d'informations : Guide accessibilité DRAC

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Handicap moteur

Une déficience motrice est une atteinte de la capacité du corps ou d’une partie du corps à se mouvoir. Cette capacité peut concerner, entre autres : le déplacement, la posture, l’action sur le monde extérieur, la communication, la perception du monde extérieur, l’alimentation. La déficience peut avoir des répercussions sur tout ou partie de ces activités, et dans des proportions plus ou moins grandes. La motricité s’appuie sur un schéma corporel complexe : le système nerveux, la moelle épinière, les muscles, les nerfs, les articulations… La déficience touche l’un ou plusieurs de ces éléments ; on retrouve sous le terme de « handicap moteur » des affections ou altérations très diverses, qu’elles soient en lien direct avec la déficience ou qu’elles constituent des difficultés associées : paraplégie ou tétraplégie, infirmité motrice cérébrale, scléroses, amputations, mais aussi scolioses, polyarthrites, nanisme… La déficience motrice peut s’accompagner de troubles associés, notamment en cas de traumatisme crânien ou dans le cas d’infirmité motrice cérébrale, tels que des troubles dans la maîtrise des gestes (tremblements, maladresse), de la vision, du langage (difficulté à articuler), de la mémoire et de l’attention. Elle peut entraîner un manque de contrôle émotionnel, un sentiment d’insécurité, de l’agitation…

Attention ! Le handicap moteur ne se réduit pas seulement à l’image d’une personne en fauteuil roulant. Il ne doit pas être confondu avec une déficience intellectuelle. Par exemple, certaines personnes ont des difficultés d’élocution mais leurs capacités intellectuelles ne sont absolument pas affectées.

Accueil spécifique en bibliothèque

L’accompagnement humain est complémentaire des mesures mises en œuvre pour compenser les difficultés liées au handicap moteur et pallier aux défauts d’aménagement de la bibliothèque. Pour l’accueil de groupe, il peut être nécessaire de programmer à l’avance pour agencer les lieux. La Loi n°2005-102 du 11 février 2005 donne des indications pour dépasser la simple accessibilité aux bâtiments et déboucher sur une égalité dans l’accès aux propositions culturelles des bibliothèques.

Plus d'informations : Handicap moteur

 

Handicap visuel

On distingue la malvoyance (acuité visuelle comprise entre 1/20 et 4/10 pour le meilleur œil, après correction) et la cécité (acuité visuelle inférieure à 1/20 pour le meilleur œil, après correction).

De la mal voyance à la cécité, le handicap visuel recouvre des déficiences très diverses : perte d’acuité visuelle, difficulté à percevoir les couleurs, photophobie, dégénérescence maculaire chez les personnes âgées, absence totale de vision… La personne non-voyante appréhende le monde principalement par les sens du toucher, de l’ouïe et de l’odorat, et par le mouvement ; même si elle ne voit pas, elle entend et sent une présence. 

Accueil spécifique en bibliothèque

Il est souhaitable d’adapter l’environnement :

  • Prévoir des bandes de guidage entre l'extérieur et la banque d'accueil,  des bandes podotactiles à l'intérieur du bâtiment pour signaler les obstacles et  aménager des couloirs de circulation sans obstacle dans la médiathèque ;

  • Eviter les bruits environnants couvrant la voix des intervenants ;

  • Installer de l’information en grands caractères, à hauteur de visage : panneaux d’orientation, notices d’informations générales, marquage au sol ;

  • Veiller à ce que les textes d’information soient bien éclairés et contrastés, multiplier les sources sonores d’information, établir un minimum d’éléments soit en relief soit en braille (des associations peuvent éditer des textes).

La personne déficiente visuelle a des problèmes de déplacement dans les lieux, il est possible de devoir la guider. Guider la personne en lui proposant votre bras. Indiquer les obstacles qui peuvent échapper au balayage de la canne. Pour indiquer un siège, placer la main de la personne sur son dossier ou son accoudoir.

Fonds et matériels spécifiques 

Pour les malvoyants qui lisent sur papier : une loupe, des lampes adaptées, un télé-agrandisseur et des livres en gros caractères.

Pour les non-voyants ou malvoyants : des livres en braille ou tactile, des lecteurs de format Daisy ainsi que des livres audio, un scanner associé à un logiciel de synthèse vocale... etc

Pour plus d'informations : Handicap visuel

 

Handicap auditif

On distingue la surdité sévère et profonde, souvent de naissance (sourd profond) et  la surdité moyenne ou légère (malentendant). 

La surdité provoque chez les enfants des difficultés pour apprendre la langue orale et, par la suite, la langue écrite, avec pour conséquence des retards d’apprentissage des connaissances. On estime que 80% de la population sourde de naissance serait illettrée et que seulement 5% des sourds profonds accèdent à l’enseignement supérieur.

Accueil spécifique en bibliothèque

L’accueil des personnes en situation de handicap auditif requiert un minimum de prise en considération de leurs modes de communication principaux en cas d’absence de LSF : la lecture labiale et l’écrit.

Il est souhaitable d’adapter l’environnement :

  • Eviter les bruits environnants pouvant parasiter les échanges afin que les personnes malentendantes puissent utiliser leur reste auditif ;

  • Installer de l’information écrite : panneaux d’orientation, notices d’informations générales, marquage au sol ;

  • Veiller à ce que les textes d’information soient bien visibles.

En relation avec une personne atteinte de déficience auditive :

  • Attirer doucement l’attention de la personne avant de lui parler ;

  • Se placer en face de la personne, à sa hauteur autant que possible et à moins de 3 mètres ;

  • Parler sans crier : une voix trop forte crée de la distorsion lorsqu’elle est amplifiée par une prothèse. De plus, le visage devient agressif et la lecture labiale devient difficile ;

  • Garder le visage découvert et bien visible. Ne pas se couvrir le visage avec les mains ou un livre ;

  • Articuler et parler à vitesse régulière sans hésiter sur les mots ;

  • S’assurer de se faire comprendre de la personne avant de poursuivre la conversation. Si celle-ci a des difficultés à vous comprendre modifier la phrase plutôt que de répéter sans cesse le mot. Ecrire la phrase ou les mots clefs sur un papier ou un tableau car la personne tire toujours profit d’un support visuel ;

  • Communiquer les informations pratiques individuelles par courrier, courriel, sms...

Pour plus d'informations : Handicap auditif

 

Les DYS

On regroupe ces troubles en 6 catégories :

  • Dyslexie et dysorthographie: troubles spécifiques de l’acquisition du langage écrit. Difficultés dans l’acquisition et dans l’automatisation des mécanismes nécessaires à la maîtrise de l’écrit (lecture, écriture, orthographe…) ;

  • Dysphasie: troubles spécifiques du développement du langage oral. Les personnes atteintes font plutôt des phrases courtes, utilisent un style télégraphique, omettent les pronoms, les prépositions et emploient souvent les verbes à l’infinitif. Leurs paroles sont souvent indistinctes et mal construites ;

  • Dyspraxie: troubles spécifiques du développement moteur et/ou des fonctions visuo-spatiales. Difficultés à planifier, à programmer et à coordonner des gestes complexes. Ils nepeuvent pas automatiser un certain nombre de gestes volontaires, notamment l’écriture, ce qui entraîne une dysgraphie ;

  • Troubles d’attention avec ou sans hyperactivité: troubles spécifiques du développement des processus attentionnels et/ou des fonctions exécutives, la personne est distraite, remue beaucoup des pieds et ses mains, parle beaucoup, interrompt les autres facilement, a un caractère imprévisible ;

  • Troubles spécifiques du développement des processus mnésiques : la personne se retrouve en difficulté pour suivre une conversation, un cours, un exposé, pour travailler en équipe, pour donner sens à un texte long du fait de l’oubli des premières phrases ;

  • Dyscalculie: troubles spécifiques des activités numériques : la personne a des difficultés à comparer des valeurs marchandes, à estimer des distances et des quantités.

Accueil spécifique en bibliothèque

  • Rendre les tables de présentation attirantes avec des livres en gros caractères ou des livres audio ;

  • Mettre en valeur les livres pour les dyslexiques au même titre que les autres livres, surtout dans le domaine des lectures jeunesse, avec un logo pour un repérage plus aisé ;

  • Multiplier les sources d’informations visuelles simples et sonores simples y compris en ligne ;

  • Privilégier une signalétique sous forme de pictogrammes (et non sous forme de texte à lire) ;

  • Privilégier la présentation de face des documents ;

  • Proposer un espace « Facile à Lire » ;

  • Ecrire des textes courts, simplifiés et en gros caractères, sur des thématiques précises ;

  • Utiliser la police Airial, Verbana, Comics sans MS ou Tahoma en taille 14 à 16, avec des interlignes de 1,2 à 2.

Pour plus d'informations : Accueil des DYS en bibliothèque

 

Handicap mental

Le handicap mental se définit par une déficience intellectuelle stable, durable, irréversible. Il est lié à des origines diverses.

Le handicap mental se traduit par des difficultés plus ou moins importantes de réflexion, de conceptualisation, de communication et de décision. Les personnes qui en souffrent éprouvent des difficultés pour fixer leur attention, mémoriser les informations et estimer leur importance, évaluer l’écoulement du temps, se repérer dans l’espace, apprécier la valeur de l’argent, mobiliser ou remobiliser leur énergie, connaître l’environnement immédiat ou élargi, les conventions tacites qui régissent l’échange d’informations, les modes d’utilisation des appareillages, dispositifs et automates mis à disposition, les règles de communication et de vocabulaire…

L’accueil des personnes en situation de handicap mental révèle la nécessité d’une médiation humaine et l’importance d’établir une relation individualisée avec la personne déficiente.

Accueil spécifique en bibliothèque

La relation individuelle et personnalisée à la personne en situation de handicap mental doit être proposée car si elle se concrétise, elle posera les repères permettant des visites régulières à la médiathèque. Pour cela, il y aura un seul référent de l’équipe de la médiathèque pour une personne handicapée mentale. Si l’accompagnant et la personne s’engagent dans la relation, elle peut s’installer lentement. Il faut parfois être patient mais elle est toujours à encourager. Par contre, l’accompagnant (famille ou encadrant de structure) se doit d’être présent comme médiateur de la relation. C’est lui qui détecte les signes de l’état intérieur de la personne en situation de handicap mental et prévoit les états de tension.

Pour discuter, échanger avec une personne en situation de handicap mental :

  • Sourire : cette expression du visage met la personne en confiance ;

  • Ne pas être surpris par l’affection que la personne peut manifester ;

  • S’enquérir auprès de l’encadrant des capacités de communication et de compréhension de la personne ;

  • Se renseigner sur les capacités de lecture et d’écriture de la personne ;

  • Utiliser la communication verbale et non verbale ;

  • Parler normalement en utilisant des phrases simples et éviter les détails ;

  • Prendre le temps d’écouter et de comprendre ;

  • Ne pas manifester d’impatience ;

  • Ne pas hésiter à reformuler ce que la personne dit ;

  • Privilégier les sujets qui intéressent, pour cela la médiation de l’accompagnant est utile. Elle permet de mieux cerner les goûts de la personne ;

  • Toujours veiller à ce que l’endroit soit propice à la relation – rassurant, éclairé et peu bruyant.

 

Handicap psychique

Les personnes ayant un handicap psychique sont atteintes de troubles d’origine psychique (névroses, psychoses…) ou physiologique amputant, limitant ou déformant, de façon plus ou moins passagère et à des degrés divers, le contrôle de leur activité mentale, affective ou physique. Les capacités mentales, cognitives et intellectuelles de ces personnes restent intactes, mais peuvent se trouver perturbées par les symptômes (les manifestations) de ces maladies. Ces maladies peuvent être soignées à la différence du handicap mental. Il y a souvent confusion entre handicap mental et handicap psychique. Ces deux types de handicap ont des origines et des caractéristiques différentes, mais ils peuvent avoir pour point commun des comportements qui modifient la relation à l’autre.

Accueil spécifique en bibliothèque

L’accueil des personnes en situation de handicap mental révèle la nécessité d’une médiation humaine et l’importance d’établir une relation individualisée avec la personne déficiente. La prise en compte de ce handicap passe surtout par des mesures visant à limiter l’agressivité de l’environnement et par la sensibilisation du personnel susceptible d’intervenir auprès d’eux.

  • Rester à l’écoute, ne pas être agressif, ni impatient, parler doucement ;

  • Laisser la personne s’exprimer jusqu’au bout ;

  • Eviter de poser plusieurs fois la même question ;

  • Répondre aux questions de la personne ;

  • Ne donner qu’une information à la fois ;

  • Parler simplement mais pas de façon simpliste, surtout s’il n’y a pas de déficiente intellectuelle ajoutée ;

  • Proposer à la personne des repères fixes, réguliers et rassurants ;

  • Rester calme ;

  • Laisser la possibilité à la personne de ne plus être en relation ou  de se mettre à l’écart si elle le souhaite ;

  • Ne pas trop attendre de la relation car selon l’importance du handicap, il existe une incapacité à établir des relations durables ;

  • Toujours veiller à ce que l’endroit soit propice à la relation – rassurant, éclairé et peu bruyant. 

 

 

 

 

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