RFID : équiper la bibliothèque, même en réseau (2)

Votre bibliothèque, votre réseau va se doter d'un système de gestion RFID.

Votre collectivité a évalué les avantages et apprécié les contraintes humaines, financières et environnementales d’un système d'identification, de traçabilité et de protection antivol par radiofréquence (RFID) (article Choisir la RFID?) et a décidé d’en équiper la bibliothèque pour la gestion de ses collections et de son service au public.

Votre solution RFID comportera une interface (SIGB/RFID), des lecteurs (platines, automates) et des étiquettes RFID. Ces éléments devront dialoguer entre eux et avec votre SIGB. Et, si vous êtes en réseau, avec les équipements en place dans les autres bibliothèques. C’est ce que l’on appelle l’interopérabilité.

Le document le plus complet sur le sujet est la Fiche N°3 de la BAO de la DRAC. Il est cependant assez ancien et ne prend pas en compte l’évolution de la technologie RFID depuis 2014, sur laquelle vous trouverez ci-dessous des éléments.

Pour cet article, nous avons adopté un niveau de précision moyen afin de lui assurer un peu de durabilité. Nous vous invitons cependant à vérifier l’évolution normative et technologique de ce domaine au moment de finaliser votre projet.

Votre bibliothèque, votre réseau va se doter d'un système de gestion RFID.

Votre collectivité a évalué les avantages et apprécié les contraintes humaines, financières et environnementales d’un système d'identification, de traçabilité et de protection antivol par radiofréquence (RFID) (article Choisir la RFID?) et a décidé d’en équiper la bibliothèque pour la gestion de ses collections et de son service au public.

Votre solution RFID comportera une interface (SIGB/RFID), des lecteurs (platines, automates) et des étiquettes RFID. Ces éléments devront dialoguer entre eux et avec votre SIGB. Et, si vous êtes en réseau, avec les équipements en place dans les autres bibliothèques. C’est ce que l’on appelle l’interopérabilité.

Le document le plus complet sur le sujet est la Fiche N°3 de la BAO de la DRAC. Il est cependant assez ancien et ne prend pas en compte l’évolution de la technologie RFID depuis 2014, sur laquelle vous trouverez ci-dessous des éléments.

Pour cet article, nous avons adopté un niveau de précision moyen afin de lui assurer un peu de durabilité. Nous vous invitons cependant à vérifier l’évolution normative et technologique de ce domaine au moment de finaliser votre projet.

les options

  • HF ou UHF ?

Il y a le choix entre 2 technologies :

- HF  Haute Fréquence : 13.56 MHz, la portée est de quelques cm. La faible distance de lecture limite le risque d’erreurs. C’est la solution la plus couramment adoptée en bibliothèque.

- UFH Ultra-Haute Fréquence : 865 MHz à 868 MHz en Europe. La portée peut atteindre plusieurs mètres. C’est donc plus performant en termes de quantité de documents lus conjointement et de distance de lecture. Cette technologie en forte évolution rend possible des solutions innovantes comme les portiques de plafond, les étagères intelligentes et de nouveaux services de retour de documents. Cette technologie est adaptée aux bibliothèques spacieuses effectuant beaucoup de transactions, mais elle est plus exigeante et utilise un flux important de bande passante. Il convient donc d’être vigilant sur la sécurité des transactions et la prise ne charge du risque d’erreur par le prestataire.

Masquage : Les métaux perturbent les ondes HF. Les conducteurs, et donc les personnes,  perturbent les ondes UHF.

  • Cartes lecteurs RFID 

La question se pose surtout dans les bibliothèques déjà informatisées.

- Si l'on conserve les cartes à code-barres. C'est moins coûteux, moins de travail et moins de changement pour l'usager•e. Mais on aura deux modes de lecture et donc, deux types de lecteurs.

- Si on adopte de nouvelles cartes avec étiquette  RFID. On aura un mode de lecture unique pour les documents et les emprunteur•ses. Mais c'est plus coûteux (achat des cartes) et il peut y avoir une réticence chez certains usager•es.

Dans tous les cas, renseignez-vous auprès de votre commune ou intercommunalité sur la présence d’un projet de carte multi-services. (Ex carte Korrigo transport, piscine, bibliothèque…) Cela pourrait orienter votre choix et un lecteur supplémentaire.

  • Automates, banque de prêt RFID ou les deux

Comme vu dans l'article Choisir la RFID? la technologie RFID n’implique pas l’automatisation mais la permet, totalement ou en partie.

L’automate présente deux intérêts principaux :

- Autonomise l’emprunteur : beaucoup d’usager•es sont demandeurs de ce mode rapide et confidentiel. Acteur•rices de leurs emprunts, ils tendent à en être davantage responsables.

- Libère les agent•es de tâches non qualifiées et répétitives en faveur de missions d’amélioration du service rendu au public : hausse du conseil, augmentation des horaires d’ouverture, de l’animation.

Actuellement, les solutions adoptées par les bibliothèques sont souvent composites, permettant le self-service sur automate(s) et la gestion de certaines transactions sur une banque de prêt dotée de platine(s).

Le choix de la technologie RFID impactera votre façon de travailler, la relation usager•es-bibliothécaires et l’aménagement de la bibliothèque. Il est donc important de procéder comme pour une informatisation, en pensant ce changement comme une amélioration et en impliquant tous les acteur•rices concernés : élu•es, salarié•es et bénévoles de la bibliothèque, usager•es, informaticien•nes, service des ressources humaines, service technique, service marchés publics…

 

les normes

Les principales normes, standards et préconisations.

  • Informatique

Standards pour la connexion à Internet: LAN et Ethernet ou WLAN et Wifi

Standards pour la connexion entre le système RFID et le SIGB: SIP2

Le SIP (Standard interchange protocole) est un protocole normalisé. La version SIP2 est celle utilisée en bibliothèque.

  • Interopérabilité

ISO 28560-1 à ISO 28560-4 : C’est la norme en vigueur pour l’encodage des étiquettes RFID en bibliothèque. Elle définit les champs de données dont 25 sont obligatoires. Un encodage normalisé doit être lu par tous les lecteurs de toutes les marques.

ISO 15693-3 : concerne le protocole de transmission des données.

ISO 18000-3 à  ISO 18000-6 : Fixe les paramètres pour la fréquence (en Mhz) permettant la communication entre l’étiquette et le lecteur.

L’AFI (Application Family Identifier) est liée à la norme ISO 18000-3. Elle permet d’identifier l’appartenance d’un document à une bibliothèque (champ d’identification contenant le code de la bibliothèque) et le déclenchement ou non de l’alarme au passage d’un portique.

Ces normes garantissent, à l’acheteur (la collectivité) et à l’utilisateur (le/la bibliothécaire), un bon fonctionnement par une interopérabilité des données stable et pérenne. Ce n’est pas le cas avec une  solution propriétaires. Elles sont indispensables si on veut rester indépendant de son fournisseur et fonctionner en réseau.

Malheureusement, le respect des normes et leur interprétation par les fournisseurs sont possibles. Sans vigilance, vous risquez de découvrir ces écarts aux normes au moment d’un changement de matériel ou lorsqu’une deuxième bibliothèque de votre réseau s’équipera en RFID.

Pour éviter cet écueil, il est important de faire un cahier des charges précis et une vérification par des tests.

  • Protection des données personnelles

La protection des données personnelles imposée par la RGPD doit  s’appliquer avec un système RFID. Pour sécuriser les  données personnelles des usagers, l’utilisation d’un code d’identification propre à la bibliothèque est indispensable (AFI) : ainsi, l’étiquette ne pourra être lue dans un autre lieu RFID (un magasin, par exemple).

La Recommandation de la Commission Européenne du  12  mai  2009 donne une base aux fournisseurs, prestataires et exploitants afin que les étiquettes ne contiennent pas de données personnelles accessibles à d’autres lecteurs que ceux de l’établissement qui les a encodées.

  • Sécurité sanitaires

Le  décret  n°  2002-775  du  3  mai  2002,  donne des recommandations de valeurs limites d’exposition aux champs électromagnétiques émis par  les  équipements  utilisés. Votre prestataire maitrise ces limites qui impactent le travail et l’aménagement de la bibliothèque.

  • Respect de l’environnement

La production de puces RFID a un impact direct sur l'environnement en nuisant à l'écosphère et un impact indirect par la perte de matières premières. Les puces  RFID sont composées  de  métaux comme le  cuivre, l’aluminium,  l’argent ou encore  le  silicium, dont  l’extraction  est  polluante et le recyclage problématique. Cependant, l’évolution vers une « utilisation verte » de la RFID est en cours comme en témoigne cet article d’ActuaLitté

  • Bâtiment et accessibilité

La disposition du matériel implique des règles d’ergonomie que les prestataires de mobilier et de matériel informatique maîtrisent.

Le positionnement des automates et portiques doivent respecter les normes d’accessibilité des ERP : largeur de passage au niveau du portique, hauteur de tablette de l’automate etc.

le réseau

Pour garantir l’interopérabilité entre médiathèques fonctionnant en réseau (circulation des documents et/ou des emprunteur•euses).

Exemple 1 : Vous projeter un équipement RFID et une des bibliothèques de votre  réseau est déjà en RFID. L’encodage de ses étiquettes, antérieure à la norme ISO 28560,  suit la recommandation française en vigueur à cette époque  (IDRABIB FR01). Dans ce cas, il est primordial d’établir une stratégie commune entre les deux bibliothèques si vous voulez continuer à fonctionner de manière fluide. La mise aux normes de la bibliothèque équipée précédemment est la solution la plus viable et il existe des précédés de réencodage « à la volée », permettant une mise aux normes rapide des collections.Tous ces éléments devront être portés au cahier des charges de la médiathèque qui s'équipe. Il est également vivement conseillé de demander, avant installation, des séances de test de lecture en votre présence. 

Exemple 2 : Vous êtes la première bibliothèque de votre réseau à projeter un équipement RFID. Afin d’éviter les dysfonctionnements futurs, inscrivez au cahier des charges le respect strict des normes afin de permettre une possible interopérabilité avec une autre bibliothèque.

le prestataire

 Votre cahier des charges :

  • Détaillera l’ensemble de la solution souhaitée : la fourniture, la livraison, l'installation, l'intégration, la maintenance, la documentation et la formation.
  • Décrira précisément votre bibliothèque (plan, équipe, collections etc.)
  • Donnera tous les éléments concernant votre SIGB et ses évolutions programmées
  • Décrira précisément le réseau de bibliothèques dont vous faites ou ferez bientôt partie, ainsi que son évolution prévisible (à 5 ans ou plus).
  • Demandera une description précise des modalités d’interfaçage avec le SIGB
  • Exigera la conformité à chaque norme indispensable à l’interopérabilité
  • Exigera l’obligation de résultat sur le fonctionnement en réseau. Et, dans le cas de l’Exemple 1, Inscrira la mise aux normes d’une autre bibliothèque
  • Demandera des gages d’adaptation de la solution RFID en cas de changement de SIGB
  • Demandera les standards nécessaires au bon fonctionnement de votre installation informatique
  • Imposera une collaboration du prestataire choisi avec l’éditeur du SIGB lors de l’installation
  • Demandera qu’une démonstration soit réalisée sur le prêt les boitiers et autres documents métalliques (en HF)
  • Demandera une description précise des modalités de gestion des erreurs liées à la lecture accidentelle (en particulier en UHF)
  • Demandera une description et un engagement sur la sécurité des personnes (rayonnement) et la protection des données (RGPD)

Comme tout cahier des charges de matériel technologique et informatique, il demandera aux candidats des descriptions techniques (composant et poids) et des performances (temps de réponse).